La préparation de la terre

Avant chaque culture Matthieu prépare le terrain sans labour pour ne pas bouleverser la vie du sol en retournant la terre. Cela permet aux racines des plantes d’avoir la possibilité de descendre sans être confrontées à la semelle de labour créée par la charrue. La culture suivante peut mieux descendre par les sillons laissés par les anciennes racines. L’aération du sol est optimale. Son drainage aussi. Le sol est donc plus vivant, ce vivant travaillant le sol à votre place, le sol devient de ce fait plus facile à travailler.

La terre de l’exploitation est naturellement acide avec un Ph aux alentours de 5,5. Matthieu y apporte donc une fois par an des amendements pour la rendre plus basique (un Ph idéalement entre 6,5 et 7) : du calcaire et de la magnésie issus de roches. Une terre neutre permet aux plantes de mieux se développer et de la faire plus rapidement. Elles profitent au mieux du sol.

Matthieu utilise aussi du lithotamne (des algues fossilisées prises dans les Glénans depuis fort longtemps). Ces algues contiennent plus de minéraux et d’oligo-éléments que le couple calcaire / magnésie mais leur coût est aussi plus élevé. De plus, ce sont des matières fossiles, comme le pétrole, qui ont mis beaucoup de temps pour se former et qui ne sont pas renouvelables à notre échelle.

Pour préparer la terre, Matthieu passe un cover crop (ou pulvériseur à trains de disques tandem) si la végétation est importante. Cet appareil décroute le sol à une profondeur de 5 cm et permet de mettre à nu l’herbe pour la faire sécher. Matthieu passe ensuite un cultivateur une semaine ou deux après le cover crop pour mélanger les résidus d’herbe et la terre et préparer le sol sur une profondeur de 15 cm. Finalement Matthieu utilise le Cultirateau, un appareil fonctionnant avec la prise de force (et donc directement lié à la vitesse du moteur) qui permet de par sa rotation de travailler de manière très fine la terre. Il réalise ainsi un support idéal pour les mottes des plantes qui permet à leurs racines de se trouver directement en contact avec la terre.

Matthieu met souvent un paillage plastique biodégradable (à base de 95% d’amidon de maïs et un liant de type colle). Ce paillage a une durée de vie de 3 mois. Il permet à l’eau de passer tout en maintenant les herbes à l’état de graines, de conserver la fraicheur, et par sa couleur opaque,  de réchauffer le sol. Matthieu utilise aussi du paillage plastique classique qui a les mêmes propriétés  mais avec une durée de vie bien plus longue. En fin de vie, ce paillage doit être ramassé et jeté. Il a un coût 4 fois moins important que le paillage biodégradable.

Il est étonnant de voir comme la vie du sol est importante (vers de terre et autres insectes) même en plein été quand tout est desséché. C’est dû à cette bonne préparation du sol. Toute cette végétation semi enfouie associée à un arrosage en goutte à goutte a de quoi satisfaire les plus exigeants des animaux.

Matthieu utilise du fumier de bovin pour fertiliser sa terre. Ce fumier provient d’un élevage conventionnel du voisinage. Avant d’être incorporé dans la terre, il a dû être composté deux fois comme l’exige le cahier des charges de la Bio. Il est rare que les maraichers Bio utilisent du fumier Bio comme engrais car ils ne font pas souvent d’élevage en même temps sur leurs exploitations. Les éleveurs Bio n’ont pratiquement jamais d’excédent de fumier car le hors sol est interdit. De plus la plupart des éleveurs Bio produisent eux-mêmes une bonne partie de la nourriture qu’ils donnent aux animaux. Ils utilisent donc leur fumier pour fertiliser leurs propres terres. Le compost est l’action de retourner la matière organique et de la faire entrer en contact avec l’air pour la faire travailler (la faire monter à une température de 60°C minimum). Elle devient noire et sans odeur. Elle est assimilable par les organismes vivants. La règlementation Bio autorise 50 tonnes de fumier par hectare. Matthieu a 5 hectares de légumes et 10 hectares de céréales. Il répartit les 250 tonnes de fumier composté qu’il récupère chaque année sur son exploitation. La répartition est effectuée en fonction des besoins spécifiques de chaque plante et de ce qui avait été fait lors de la saison précédente en privilégiant grandement le maraichage bien entendu. Les surfaces en céréales permettent à Matthieu de faire des rotations pour les cultures telles que les pomme de terre, les choux, les potimarrons et les autres courges.

Matthieu paille ses serres (il met de la paille dans les allées) pour éviter la prolifération des herbes.

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